SoftMatters

PhD student

AnnaSaint Pierre

Rubble as heritage: Matter of design research

Dans la perspective proche d’une « transition circulaire », comment les pratiques de réemploi et de recyclage peuvent-elles devenir une source de création, en interrogeant la capacité d’évocation et le pouvoir narratif du matériau? Comment proposer de nouveaux modes de transmission à partir de la transformation de déblais, gravats, décombres – posée comme une alternative à la tabula rasa ou à la stricte restauration? Rendre lisibles ces protocoles de transformation, révélateurs de nos rapports à la matière, leur confère-t-il un statut de « signe » (et de quel signe s’agit-il)?

Engagée dans les projets de l’agence SCAU architecture, cette recherche-action sur la seconde vie des matériaux de construction saisit l’occasion présentée par leur changement de forme -blocs, fragments, graviers, sables, poussières- pour créer d’autres matérialités. En réponse aux interrogations et aux défis lancés à l’architecture à l’ère des théories anthropocéniques (quelle que soit leur formulation), la transformation in situ de la matière architecturale est une alternative à la tabula rasa et à la stricte restauration – pratiques héritées du XIXe et Axe siècles. Réemploi et recyclage permettent de se défaire des pratiques de conservation ou de restauration en quête d’authenticité, qui confinent à la falsification. En assumant l’acte de transformation, en désacralisant l’objet architectural, la récupération est une des solutions faisant face à l’accumulation d’objets auxquels a été soustraire ou détournée la valeur d’usage: le déchet et le patrimoine.

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